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Quand l’extrême droite est au pouvoir…

Article publié le jeudi 23 mai 2019
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Plusieurs partis d’extrême droite qui se présentent aux européennes 2019 participent au pouvoir dans leur pays. Quels sont leurs discours et leurs actions une fois qu’ils participent au gouvernement ? Une telle question est essentielle afin de mieux saisir les enjeux des élections au Parlement européen. Car l’extrême droite au pouvoir, c’est la mise en danger des droits humains et des pratiques politiques autoritaires. De la Hongrie à l’Italie, en passant par l’Autriche, voyage au cœur des démocraties européennes touchées par la contagion extrémiste.

               

Même si la famille est désunie (voir notre article précédent) le courant national-populiste participe à la direction de plusieurs pays en Europe. La Hongrie d’Orban fait figure de modèle, tout comme l’Italie de Salvini, qui est davantage lié aux autres partis d’extrême droite sur le continent. Jusqu’à il y a peu, l’Autriche était également dirigée par une coalition où ce courant était présent. C’est également le cas en Estonie, ou encore en Bulgarie. Quels sont les points communs de tous ces gouvernements et quelle est leur ambition pour l’Europe ?

La Hongrie d’Orban, un modèle illibéral

Bien qu’appartenant officiellement au courant conservateur européen, Viktor Orban sert de modèle pour une bonne partie de l’extrême droite du continent européen. Il a construit un régime politique où l’état de droit est affaibli et où il dispose de prérogatives de plus en plus fortes. Muselant l’opposition, la presse et la société civile, il se montre très hostile à l’immigration, à l’ouverture sur l’Europe, et se centre sur des valeurs traditionnelles ultra-conservatrices marquées par le christianisme. Il a ainsi jeté les bases de ce que l’on appelle une démocratie illibérale, où les pratiques autoritaires dominent. Orban, s’il fascine l’extrême droite sur le continent, inquiète surtout tous les démocrates. Le parlement européen a décidé de lancer une procédure pour sanctionner la Hongrie en raison des atteintes aux droits humains. Le PPE ( parti européen qui regroupe les conservateurs des pays de l’UE) a sanctionné le parti d’Orban à cause de ses outrances. L’extrême droite rêve de sceller une alliance avec lui, alors qu’il reste très populaire dans son pays et dispose de plus de 50 % des intentions de vote aux européennes.

L’Italie de Salvini, à la tête d’une Europe fortifiée ?

Plus encore qu’Orban, Salvini incarne l’extrême droite européenne. Dirigeant de la Ligue italienne, ministre de l’intérieur dans un gouvernement de coalition avec le mouvement 5 étoiles, Matteo Salvini est devenu l’homme fort de l’Italie. Il s’oppose en particulier à toute nouvelle venue de migrant.e.s dans son pays et il adopte de plus en plus de dispositions législatives pour arriver à ses fins. En faisant cela, il a instauré dans tout le pays un climat d’hostilité envers les étrangers et l’Europe, et a placé la xénophobie au cœur du débat politique. Usant de violences verbales, il dispose d’un soutien important de la population (son parti risque de terminer en tête aux européennes) et il souhaite revoir le modèle social italien, en diminuant la protection des travailleur.se.s et en supprimant également des droits pour les femmes. C’est lui enfin qui conduit une alliance des partis d’extrême droite en Europe, avec le RN de Marine Le Pen. Il semble en capacité aux élections de dimanche d’envoyer au Parlement européen le plus grand nombre de députés de cette famille politique.

L’Autriche, le vrai visage de l’extrême droite en Europe ?

Jusqu’au week-end dernier, le FPÖ autrichien avait 4 ministres dans un gouvernement de coalition et ce courant incarnait une forme a priori plus « respectable » de l’extrême droite. Davantage habitué au pouvoir, le FPÖ n’en demeure pas moins marqué par des valeurs réactionnaires et xénophobes. Une récente vidéo tournée en caméra cachée a montré le vrai visage de l’extrême droite autrichienne : prêt à vendre les intérêts du pays pour avoir davantage de pouvoir, son leader Heinz-Christian Strache a été totalement discrédité et a dû démissionner, provoquant une crise politique dans tout le pays. Ce dernier cas montre en outre la proximité de plusieurs de ces partis européens d’extrême droite avec la Russie de Poutine.

Points communs pour les européennes 2019

Et le RN de Marine Le Pen dans tout ça ? Même si ce parti est arrivé au second tour des élections présidentielles de 2017 et s’il est aujourd’hui en tête dans les sondages, il n’a jamais encore accédé à un gouvernement. Cependant, on peut avec les trois exemples précédents avoir une idée claire des mesures qui risqueraient d’être mises en place. Plus largement à l’échelle européenne, des thématiques sont défendues dans le cadre des élections au parlement européen : hostilité envers les migrant.e.s, réduction des droits sociaux, xénophobie et atteinte aux droits des femmes ou bien encore valorisation d’idées réactionnaires et traditionnelles. C’est aussi le recours à des pratiques autoritaires qui fragilisent le fonctionnement démocratique, aussi bien à l’échelle nationale qu’européenne. L’extrême droite propose un contre modèle qui porte atteinte aux idéaux du projet européen. C’est pourquoi pour l’UNSA Éducation, le choix est clair: pour les européennes 2019, aucune voix pour l’extrême droite !

La vidéo du jour

                     

Jean Grosset, directeur de l’Observatoire du dialogue social de la Fondation Jean-Jaurès, questeur au CESE, a répondu à notre question : «que fait l’extrême droite quand elle est au pouvoir ? »


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La rubrique « Non à l’extrême droite ! »




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