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Pour une évaluation à la hauteur de l’intérêt général

Article publié le mercredi 24 mai 2017
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Pour une évaluation à la hauteur de l’intérêt général

9 Français sur 10 souhaiteraient une plus grande efficacité des services publics (*). Une vision partagée par le nouveau président de la République, pour qui action publique et évaluation sont particulièrement associés dans ces premiers jours de quinquennat.
La mesure de l’efficacité du service public n’est pas nouvelle. Elle est pourtant restée au stade d’indicateurs déconnectés de vision d’ensemble et de plan d’action en découlant. La spécificité du service public est de répondre à un besoin d’intérêt général. L’évaluation est complexe car les effets sont souvent mesurables sur le long terme et que le maillage de compétences disperse la mesure. Sachant que l’objectif est double : assurer une meilleure qualité de service public tout en réduisant les dépenses.

Le cas de l’éducation : comment mesurer l’efficacité de ce service public ?

Pour aider au pilotage des services et établissements, de nombreux outils existent déjà. Souvent centrés sur le cœur de métier de l’établissement, un élément majeur leur fait néanmoins défaut : une vision globale de la mission, qui se déclinerait ensuite seulement en indicateurs.
Prenons l’exemple d’un EPLE. Au-delà des critères de réussite scolaire (taux de redoublement, taux de réussite aux examens, taux de décrochage, absentéisme), quid d’indicateurs qui tiennent compte de l’ensemble de l’activité de l’établissement ? Non pas pour de simples remontées aux services déconcentrés de l’Etat (ou des collectivités territoriales…), mais comme véritable enjeu de pilotage :

  • quels sont les objectifs de notre établissement ? comment s’inscrivent-ils dans les objectifs du service auquel nous sommes rattachés (rectorat, direction, ministère) ?
  • quels sont les acteurs de l’établissement et comment peuvent-ils agir sur ces objectifs ?
  • quels sont les critères propres à notre cœur de métier (par exemple critères de réussite de nos élèves) ?
  • quels sont les critères relatifs au fonctionnement de notre service (gestion de ressources humaines, gestion budgétaire) : les collègues s’épanouissent-ils ? quel suivi des risques psycho-sociaux ? quelle optimisation budgétaire ?
  • comment analyser l’évolution des indicateurs ?
  • que faut-il changer à notre organisation ?

Avant de morceler les missions de l’Éducation nationale sous forme de critères et sous-critères, il est indispensable d’avoir une vision complète du système et de définir clairement les compétences de chacun. Ensuite seulement vient le temps de l’évaluation, incluant des objectifs complets, différenciés suivant les types d’établissements, ainsi qu’un dialogue permanent pour ajuster ces critères. Les critères partiels et descendants ne peuvent impliquer l’ensemble des personnels travaillant dans un service. Pour se les approprier, une co-construction et surtout des échanges sont nécessaires, pour tendre vers une amélioration globale et partagée du fonctionnement.

Donnons-nous enfin les moyens d’une évaluation à la hauteur des enjeux et des spécificités du service public et de l’intérêt général.


(*) Sondage Acteurs publics/Ernst Young réalisé par l’Ifop pour l’Observatoire des politiques publiques auprès d’un échantillon de 1 032 personnes représentatif de la population française.




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