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Petits déjeuners gratuits et cantine à 1 euro : dépassons ces mesures pour lutter vraiment contre la pauvreté

Article publié le mardi 25 février 2020
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Le ministère vient d’annoncer un renforcement de ces mesures qui concerne les écoles des territoires défavorisés. Ces deux mesures ne sont pas suffisantes. L’UNSA Éducation revendique la mise en place d’une véritable politique sociale et de santé au bénéfice des élèves ainsi que l’accès à la restauration scolaire pour tous.

Le dispositif

- En 2019, 110 000 élèves de maternelle et de primaire ont bénéficié des petits déjeuners dans les écoles de l’éducation prioritaire. Pour 2020, l’objectif du ministère est de permettre à 200 000 élèves de prendre un petit déjeuner gratuit pour leur permettre de bien apprendre.

- Concernant la cantine à 1 euro, 8000 élèves de 150 communes rurales ont été concernés. Le dispositif sera doté de 5 millions d’euros et élargi aux écoles maternelles en 2020 pour mieux prendre en compte les besoins des communes rurales. Cette mesure «cantine à 1euro» est en réalité une aide de l’État en faveur des 4 000 communes et intercommunalités rurales de moins de 10 000 habitants qui perçoivent la dotation de solidarité rurale. L’objectif est la mise en place d’une tarification sociale des repas de cantine scolaire. La cantine à 1€ c’est donc le financement d’une part des repas servis par la cantine si la commune volontaire met en place une tarification progressive composée d’à minima trois tranches, la tranche la plus basse étant à maximum 1€ par repas et par enfant. Cette aide s’adresse à toute petite commune rurale volontaire pour mettre en place cette tarification sociale. Cela vise à répondre à un besoin des familles précaires qui vivent en ruralité mais ne peuvent pas toujours payer la cantine pour leur enfant. D’après une enquête menée par l’IFOP en janvier 2020, 42% des communes ne pratiquent pas de tarifs sociaux pour les cantines scolaires. Les petites communes rurales sont particulièrement concernées du fait de leur manque de moyens pour financer la mise en place de tarifs sociaux.

Notre analyse


Le gouvernement inscrit ces mesures dans le cadre de sa stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté.
Pour l’Unsa Éducation, ces éléments prennent en compte un bien être fondamental des enfants et des jeunes : être nourri, une condition préalable pour apprendre. Cependant, il nous semble indispensable d’aller plus loin.

L’école française est toujours aussi inégalitaire. Les résultats de l’enquête PISA nous le rappellent chaque année. Notre système éducatif ne peut pas se contenter de ces mesures pour lutter contre les inégalités et la pauvreté. Nous pensons qu’il faut impliquer l’ensemble des acteurs. Nos assistantes sociales sont formées pour détecter les situations de pauvreté. Ce n’est pas le cas des autres personnels qui devraient être également formés à détecter la grande pauvreté. La formation initiale et continue doit impérativement s’emparer de cette question pour permettre aux personnels d’apprendre à réagir de manière professionnelle. Chaque situation est différente et surtout les élèves apprennent à cacher les signes de pauvreté. Notre école se doit de porter un regard attentif et bienveillant et avoir une prise en charge efficace. Pour se faire, nous pensons que le budget des fonds sociaux est un levier pour construire des solutions. Le gouvernement a choisit fin 2019 de baisser le montant de l’enveloppe dédié. Nous le regrettons et défendons l’élargissement des critères des fonds sociaux et sa mise en place pour le 1er degré. En effet, dans les territoires, ces aides permettent aux équipes d’agir et de répondre au plus près des besoins, en complément des bourses. Concernant les bourses, nous défendons une révision significative des barèmes et une revalorisation de leur montant.

Enfin, rappelons qu’en 2016, Jean Paul Delahaye dans un rapport sur la «Grande pauvreté et la réussite scolaire» préconisait de «rendre accessible la restauration scolaire comme un droit sans condition». En 2020, nous n’en sommes toujours pas là….




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