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Obligation de formation jusqu’à 18 ans à la rentrée 2020 : on fait comment ?

Article publié le lundi 20 janvier 2020
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Aujourd’hui, il reste, malgré les progrès de ces dernières années, 15 % des jeunes agé.es de 16 à 29 ans sans emploi ni formation. Ce chiffre peut monter à 30 % dans certains quartiers prioritaires de la politique de la ville.
A partir de la rentrée 2020, une obligation de formation va s’imposer à tous les jeunes jusqu’à leur 18 ans, qu’ils soient scolarisé.es ou non. Cette obligation concerne en premier lieu les « décroché.es » de l’Éducation nationale. Ce sont les missions locales qui seront à l’œuvre pour les accompagner.
Un rapport rédigé par Sylvie Charrière et Patrick Roger1 a été remis au premier ministre le 13 janvier 2020 sur ce sujet. Il liste quelques préconisations pour mettre en œuvre cette obligation de formation déjà en vigueur en Allemagne ou en Angleterre.
Certaines de ces préconisations ont déjà été approuvées et seront mises en œuvre dès la rentrée 2020.

  1. Le suivi des décrocheurs va se faire en temps réel grâce à une nouvelle plateforme numérique accessibles aux différents intervenants travaillant sur ce public, notamment les missions locales, qui seront au centre du dispositif. Grace à ce nouvel outil informatique développé par l’Éducation nationale, la mission locale sera immédiatement alertée du décrochage et sera chargée d’aller le chercher jusque dans la rue s’il le faut.
  2. Le rapport préconise des solutions individualisées. Il semblerait que les solutions soient plurielles : garantie jeunes, apprentissage ou formations plus spécifiques. 100 millions d’euros seront disponibles pour ce public. L’enjeu sera de réussir à amener les jeunes en grande pauvreté à pouvoir se déplacer pour rejoindre les formations proposées. Le rapport préconise de créer un fond spécial « fonds Ambition 16-18 ans » pour aider les jeunes a financer leurs déplacements. Il faudra aussi prendre en compte que certains jeunes disposent parfois de revenus (illicites) leur permettant de vivre. Les convaincre de rejoindre une formation ne sera sans doute pas le plus simple.
  3. Le point commun des jeunes décrocheurs est leur « ras-le-bol » de l’école. Ils n’arrivent tout simplement à donner du sens à leurs apprentissages parfois bien théoriques. Le rapport suggère le recours aux démarches de projet. Ce que nombre de pédagogues ont depuis longtemps théorisé pour lutter contre l’échec scolaire.

Pour l’UNSA Éducation, il était temps que l’actuel gouvernement réinvestisse le sujet du décrochage2, véritable gâchis humain, bien documenté maintenant. Tous les moyens efficaces pour convaincre le plus tôt possible les décrocheurs de se former sont bons à prendre. Des solutions individualisées mises en œuvre par des équipes spécialisées pluri-disciplinaires sont sans doute les plus efficaces. La véritable question à laquelle on n’a pas encore répondu est pourquoi et comment notre système scolaire produit-il encore autant de sorties du système scolaire sans diplôme ?

1 https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/rapportformationobligatoiredes16-18ans.pdf

2 Voir par exemple la thèse sur les « jeunes invisibles » de Claire Bernot-Chaboche soutenue en 2016 : http://www.theses.fr/2016LYSE2037




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