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NON à une France soumise

Article publié le mercredi 3 mai 2017
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J’ai fait un cauchemar.

Le FN arrivait dimanche au pouvoir.

Et peu à peu la machine extrémiste se mettait à réduire nos libertés, à revenir sur l’égalité, à contester la fraternité.

Après l’hebdomadaire levée des couleurs, les élèves en uniforme rejoignaient leur classe pour la leçon de morale.

Ensuite l’enseignant a commencé son cours magistral avec la seule méthode de transmission validée et donc autorisée par le ministère de l’instruction publique.

Le conseil de l’enseignement réuni ce soir arrêtera la liste des élèves incapables de poursuivre des études. Dès leurs 14 ans, ils seront orientés en apprentissage vers les métiers manuels.

Trois élèves ont été refusé ce matin à la porte de l’école, pour défaut de paiement. En tant qu’étrangers, l’École n’est plus gratuite pour eux. S’ils restent dans la rue, ils seront considérés comme délinquants et risquent la maison de correction.

Après la classe, seules les activités validées par le gouvernement sont autorisées et fortement conseillées. Privées de locaux, de financements et surveillées dans le contenu de leurs messages, les associations d’éducation populaire -officiellement trop politisées- ont progressivement disparues.

Leurs militants ont rejoint les artistes « incorrects » et donc interdits ou plus jamais programmés. Ensemble, ils tentent de faire vivre la résistance. Difficile dans un pays qui peu à peu s’enfonce, sans toujours s’en rendre compte, dans la soumission.

Je me suis réveillé.

En nage et en angoisse.

J’avais vu le lent poison du FN faire progressivement son œuvre. Instiller peu à peu la normalisation d’opinions mortifères. Pas une révolution fasciste ou nazie. Un pourrissement régulier et inexorable passant par les voies du suffrage universel.

Le souvenir d’une récente conversation avec des amis turcs s’impose. Le peuple lui-même se choisit son tyran et lui donne les moyens de ses pleins pouvoirs. Comment résister alors quand on est un journaliste muselé, un enseignant révoqué, un opposant enfermé ?

Et quand on peut encore agir, comment refuser de choisir ?

Autocratie contre démocratie. Peut-on hésiter ?

Ne pas choisir, s’abstenir c’est laisser le poison agir. C’est accepter la soumission.

Parce que personne ne doit vivre ce cauchemar, dimanche votons pour faire barrage au FN.

Votons Macron pour dire non à une France soumise !


 

Denis ADAM, le 3 mai 2017
 

 




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