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Lycée français trop cher ?

Article publié le jeudi 8 décembre 2016
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Les chiffres sont connus. Que ce soit par rapport aux autres niveaux du système scolaire ou en comparaison internationale, le lycée français coute cher. Pour une année en lycée la France dépense 11 000 euros par élève contre 6 000 euros pour un élève de primaire. De plus, ces dépenses sont 37 % plus importantes que la moyenne de l’OCDE pour le lycée et 15 % inférieures à cette même moyenne de l’OCDE pour le primaire.

Si les causes de ces déséquilibres sont multiples, la rémunération des ensignants n'en fait pas partie.

En effet, seuls les agrégés ont un salaire qui s’approche de la moyenne de ceux des enseignants de l’OCDE. Les autres enseignants (PE, certifiés, PLP) gagnent nettement en dessous que cette moyenne.

Plus d'heures d'enseignement dans les lycées français

Les élèves français reçoivent plus d’heures de cours qu’ailleurs dans l’OCDE et l’écart à la moyenne s’accroit avec le niveau auquel on se trouve. 

Un lycéen a en moyenne 940 heures de cours obligatoire dans l’OCDE pour 1036 en France. Il faut donc plus d’enseignants en France qu’ailleurs et ce d’autant plus que les agrégés français surtout présents en lycée doivent moins d’heures à leur employeur que les enseignants du secondaire qui ont 18 heures à effectuer devant élève en moyenne dans l’OCDE. 

On constate d’ailleurs l’inverse au primaire. Les professeurs des écoles français font 24 heures devant élèves soit trois heures de plus que leurs homologues de l’OCDE (21 heures en moyenne)

De nombeux lycées de petites tailles

Selon un rapport de la cour des comptes, la moitié des lycées compte moins de 500 élèves (11 % moins de 100 élèves !). Le coût s’en trouve automatiquement augmenté et l’harmonisation des pratiques éducatives est rendu ainsi plus difficile.

On entend souvent dire que le bac coute plus cher à organiser en France qu’ailleurs. En fait, c’est surtout le nombre d’options facultatives proposées qui représente un surcout par rapport aux autre pays. Surcout du principalement au faible nombre d’élèves présentant certaines de ces épreuves ou suivant ces options.

Le poids de la voie professionnelle

Les lycées professionnels sont très couteux de par le matériel qu’ils nécessitent et sont plus nombreux en France que dans beaucoup de pays de l’OCDE qui ont privilégié l’apprentissage (en dehors des lycées donc).

Les constats sont là. Faut-il pour autant remettre en cause l’ensemble du cursus lycée français pour dégager des marges pour le primaire ? Cela paraît tout de même très compliqué même si on peut sans doute revisiter le nombre d’options proposées et peut-être retravailler sur les rythmes scolaires des lycéens.

Dans tous les cas, pour l’UNSA Éducation, l’objectif des réformes à venir ne devra pas être prioritairement de faire des économies mais de rendre le lycée plus performant en préparant mieux les élèves à l’enseignement supérieur.


Source : Le Monde du 23 novembre 2016




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