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« Les manuels de français se conjuguent au masculin »

Article publié le vendredi 6 décembre 2013
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Le centre francilien de ressources pour l’égalité femmes hommes Hubertine Auclert vient de publier pour la 3è année consécutive, son étude sur les manuels scolaires et le genre.

Cette année, « la représentation des femmes dans les manuels de français de 2de générale, technologique et professionnelle ».


Présentée lors du dernier Salon de l’éducation, l’étude, malheureusement, ne diffère pas de celle des années précédentes sur les manuels de mathématiques ou d’histoire-géographie. « La règle que l’on apprend très tôt en grammaire du masculin qui l’emporte sur le féminin est magnifiquement illustrée dans les ouvrages scolaires de Français » rapporte la directrice du centre dans son introduction à l’étude.

Parmi quelques éléments pointés par le rapport : 3.7% des auteurs étudiés sont des femmes ; les femmes philosophes sont très rarement citées et on note trop peu de femmes journalistes au regard d’une profession plutôt féminisée. Les stéréotypes restent nombreux. Les femmes sont plutôt représentées comme sujet d’une œuvre, d’un roman, plus rarement comme créatrices. Les hommes créent, les femmes sont encore trop souvent l’objet de leur création. Les termes « auteur, écrivain » ne sont jamais féminisés.

Quelques manuels, trop peu, s’emparent des textes littéraires et des illustrations pour traiter des rapports sociaux femmes-hommes.
Le rapport dans sa conclusion souligne deux points particulièrement importants :
Les termes ne sont pas féminisés, empêchant ainsi les filles de s’identifier à certaines professions (ingénieure du son…).

D’autre part, « le féminin est régulièrement associé au masculin, placé sous le regard des hommes. Cette image traditionnelle de la femme, dépendante du jugement masculin, idéalisée, crainte ou critiquée renforce les stéréotypes présents aujourd’hui encore dans notre société, les média par exemple. (…) Les manuels scolaires de français, par la richesse littéraire, artistique et culturelle qui les compose se doivent d’être les vecteurs d’une culture d’égalité femmes-hommes. »

Espérons que les éditeurs et les auteurs des ouvrages finiront pas entendre ces analyses, qui, si elles semblent aller tous les ans dans le même sens, quelle que soit la discipline ou le niveau étudié, ont le mérite d’alerter et de proposer des pistes de remédiation.

Lire l'étude ici




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