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Le Cnesco sauvé des eaux ?

Article publié le lundi 20 janvier 2020
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Le Cnesco a été supprimé du Code de l’Education l’an dernier, balayé par la loi pour une école de la confiance qui a crée le Conseil national d'évaluation, bien plus conforme à la volonté ministérielle. Mais voilà qu’il renaît après de longs mois de mise sous l’eau. Le Centre national d’étude des systèmes scolaires est devenu le Conseil national d’évaluation du système scolaire - l’acronyme Cnesco n’a donc pas changé – et réapparaît “relifté” au sein du Cnam.

Le nouveau Cnesco demeure constitué d’une équipe technique d’une dizaine de personnes et s’appuie toujours sur un réseau de quelque 300 chercheurs. Il poursuivra donc ses travaux d’analyse du système éducatif avec une dimension plurielle et internationale. Parallèlement, il bénéficiera de la création d’une nouvelle chaire au Cnam ayant pour objet “l’évaluation des politiques publiques d’éducation”. Son premier rapport dans ce nouvel apparat est consacré à la laïcité à l’école ; il devrait être présenté publiquement fin janvier.

Pour mémoire, par le passé, le Cnesco a produit en cinq ans plus de 80 études ayant trait à une vingtaine de thématiques telles que l’apprentissage des mathématiques, de la lecture, la mixité sociale, l’enseignement professionnel, les inégalités sociales et territoriales etc. Le Cnesco a toujours revendiqué des méthodes d’investigation de terrain sans omettre des démarches originales qui ont tenté d’apporter des éclairages sur des zones d’ombre des politiques publiques d’éducation. Ce qui, ajouté à son caractère indépendant, en a fait un outil scientifique, exigeant et nécessaire qui a, semble-t-il, dérangé le politique.

Après des derniers mois tourmentés au cours desquels l'UNSA Education et ses syndicats ont souvent pris position, le Cnesco a donc été sauvé des eaux. En accordant des moyens constants au Cnesco et en lui conférant une chaire au Cnam, le Ministère l'a finalement laissé vivre en parallèle de son "Conseil d'évaluation de l'école". Pour autant, sa portée reste amoindrie face à une instance nouvellement créée par et pour l'exécutif. Le Conseil d'évaluation de l'école n'a pas les qualités démocratiques du Cnesco, comme celle de l'indépendance, qui lui permettraient de prendre en charge seule la mission d'évaluation des établissements.




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