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Le CSE adopte la réforme du collège -
Déclaration de l’UNSA Éducation

Article publié le vendredi 10 avril 2015
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Le Conseil Supérieur de l'Éducation a adopté le projet de réforme du collège par 51 voix pour, 25 voix contre et 1 abstention. Ci-dessous la déclaration de Laurent Escure pour l'UNSA Éducation :

 

Il est des moments où, en tant que membre de la communauté éducative, et pour notre part également en tant que syndicalistes, nous avons à nous hisser à la hauteur qu’exige la longue marche pour la démocratisation de l’École de la République. Dans le même mouvement, nous avons à être dignes des attentes, des espoirs, des ambitions et de la confiance que mettent dans notre engagement les jeunes, les familles et, bien sûr, les personnels que nous représentons.


A l’UNSA Éducation, nous avons dès le début de la Refondation dit que notre implication pour qu’elle aboutisse serait exigeante et marquée par la détermination. En effet, sortir notre École de la spirale de l’échec (qui devient massif et ségrégatif) dans laquelle elle est entrée il y a 20 ans, était et reste pour nous la grande affaire de cette mandature.

C’est pourquoi nous avons soutenu notamment la priorité au primaire, la création du cycle commun école-collège, la rénovation et le renforcement du socle commun de connaissances et de compétences ; c’est pourquoi nous soutiendrons (si elle reste sur cet élan) une refonte de l’évaluation et des programmes au service de la validation de ce droit commun que nous devons construire et garantir à chaque jeune lors de la scolarité obligatoire. C’est pourquoi, aujourd’hui, nous soutenons le projet de rénovation du collège qui nous est présenté.

Ce projet n’est évidemment ni révolutionnaire ni parfait (mais le peut-il et quelqu’un saurait il l’écrire ?), il peut soulever des doutes, des inquiétudes ( et particulièrement sur le fait qu’il puisse être perverti), il demandera à être précisé et notamment par des consignes et des circulaires, il demandera la mobilisation des personnels, il demandera de l’accompagnement, de la formation, mais il pose un cadre qui rend possible, qui rend crédible le passage d’un petit lycée du tri sélectif à un collège qui deviendra un lieu de réussite, de bienveillance, d’ouverture, de construction de connaissances et de compétences, et de validation du socle commun dans la continuité du parcours de la scolarité obligatoire.


Cette réforme permet de sortir du carcan des disciplines isolées pour inventer de nouvelles manières d’apprendre et d’enseigner. Les disciplines pourront permettre, dans un dialogue entre elles, de s’ouvrir au monde et non de s’enfermer dans des boites étanches. Les enseignements interdisciplinaires sont essentiels parce que le monde se comprend moins bien lorsqu’il est seulement découpé en tranches (isolées) de matières scolaires. Les enseignements pratiques permettront, eux, de mobiliser toutes les formes d’intelligence –celle des élèves comme celle des équipes éducatives.

L’UNSA Éducation porte un syndicalisme réformiste et positif. Nous refusons d’être dans des postures, ou d’user de la désinformation et de l’amalgame pour mieux justifier le statu quo. Car le statu quo est mortifère pour notre École. Il est une souffrance pour les élèves comme pour les professionnels de l’Éducation.


L’urgence sociale et démocratique de la Refondation n’est plus à démontrer. Alors Il ne faut ni nier cette urgence, ni chercher à retarder la Refondation, ni rester arc-boutés sur de vieux schémas ou hypnotisés par de vieilles lunes.
La réforme qui nous est proposée aujourd’hui va dans le bon sens et c’est là l’essentiel. Elle n’est qu’une étape mais une étape importante pour continuer, pas à pas, à faire de notre système éducatif celui de la réussite de chacun.

Il y a assez d’opposants, de tenants d’un collège des privilèges pour quelques-uns ou bloqués dans une orthodoxie pédagogique ségrégative ; Il y a assez d’adeptes des « oui mais », des « oui si » des « oui mais pas comme ca » ou des « oui mais pas maintenant » qui sont autant de faux semblants et qui ne sont là que pour, au final, renforcer le camp du « toujours non », pour que nous, à l’UNSA Éducation, nous ne nous trompions pas sur l’importance d’un vote positif de ce CSE.

Un « oui » n’est ni un chèque en blanc ni un « solde de tout compte ». Il valide un mouvement engagé, et à l’UNSA, il nous donnera de la force pour être exigeants dans la mise en œuvre de cette réforme et pour continuer à mener sur le temps long l’ensemble des batailles de convictions qui permettront de faire aboutir concrètement la Refondation.




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