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La santé culturelle : un nouveau concept essentiel à l’humanité

Article publié le vendredi 29 novembre 2019
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L’accès à l’art et à la culture est un droit pour tou.te.s, et ce dès la naissance. Avant l’éducation, il y a l’éveil du tout jeune enfant. Pour appartenir au monde, le tout petit doit tisser des liens d’abord avec ses parents puis avec d’autres proches en humanité. Un processus qui se nourrit de rencontres, de partages, de temps, de sensorialité, d’émotions, de symbolique. Une nourriture culturelle indispensable à la naissance du « sujet ».
Des besoins incontournables
Le petit humain a des besoins pour grandir qui dépassent de loin la nourriture et le soin de propreté. Le petit humain a des besoins incontournables. Pour exister, il lui faut un autre que lui-même, du temps, de l’empathie, de l’affection, du corps, des regards, de l’éveil sensoriel, de la symbolique, du langage, des pensées, des projections… Le petit humain est un être relationnel, et pour cela, il a besoin de nourriture culturelle. S’il est bien nourri on dira qu’il est en bonne santé, d’où cette idée de santé culturelle, tout aussi indispensable que le lait ou la purée de fruits. On peut évoquer la malnutrition culturelle, quand un tout petit est calé devant un écran de télé,  seul face à des images qui bougent,  l’intéressent mais manquent cruellement de liens vivants d’humanité.
Définition
« La Santé Culturelle réhabilite une culture universelle, une culture dite sans frontières que porte l’éveil humanisant de nos tout-petits. Culture naissant de l’appétence du petit humain, qui a un désir infini de communiquer, de s’ouvrir au monde, aux langues, à l’autre, culture de l’altérité et de l’accueil de la différence, la Santé Culturelle ouvre sur la connaissance de soi et la reconnaissance des autres. Elle permet à chaque sujet de construire son identité, de partager avec d’autres que soi. La Santé Culturelle est porteuse d’apaisement personnel et de pacification sociale. » C’est ainsi que définit ce nouveau concept Sophie Marinopoulos, médecin, auteur d’un récent rapport sur l’éveil artistique et culturel du jeune enfant pour le Ministère de la Culture.
« La culture pour tous  s’inscrit dans le quotidien des familles, et ce dès la naissance de l’enfant. Imprégnés par l’expérience partagée de l’éveil et de ses apports tant pour le bébé que pour eux-mêmes, les parents mesureront la force de grandir dans un « bain culturel ». Éveil culturel, lecture, chant, arts plastiques, danse, théâtre, marionnettes, jeux, musées, cirque : tout est propre à faire grandir les enfants dans une approche sensible et esthétique à l’origine de leur équilibre. Un pari majeur pour notre société, qui doit prendre appui sur les parents, premiers interlocuteurs de l’enfant. » Poursuit-elle, insistant sur la relation première à construire entre enfant et adultes devenus parents, dans une société de rapidité, de stress, d’efficacité, de manque de temps pour cet essentiel.
Urgence politique
Sophie Marinopoulos veut contribuer à lancer une politique publique forte en faveur de l’éveil culturel du tout petit, car les cabinets des pédiatres et pédopsychiatres se remplissent d’enfants en mal-être psychique par défaut de liens relationnels tissés en proximité avec les parents, la famille. « Il y a urgence. Urgence à re-nourrir substantiellement nos tout-petits. Comme les enfants de l’après-guerre ont été nourris de lait, les bébés de la société hypermoderne doivent l’être de ce lait symbolique qu’est le lien humain. Ce n’est pas avec des objets que le bébé veut communiquer, mais avec d’autres sujets, lesquels doivent lui proposer une véritable nourriture culturelle. »

LE RAPPORT

Le site du Ministère de la Culture dédié à l'EAC




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