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L’école selon le FN : en dehors de toute réalité !

Article publié le mercredi 11 décembre 2013
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Depuis plusieurs décennies, des offensives sont régulièrement lancées contre la méthode globale d’apprentissage de la lecture. Elle serait le mal qui met en échec les élèves qui ne maîtrisent pas la lecture à l’entrée en 6ème. Aujourd’hui, c’est au tour de Marion Maréchal-Le Pen (Front national) et du collectif Racine, qui s’en fait le relais, de nourrir ce fantasme en prouvant une nouvelle fois sa méconnaissance des sujets qu’ils abordent.

Écouter le décryptage dans l’émission « le vrai du faux » sur France Info


Tout d’abord, qu’est-ce que la méthode globale ?
Celle-ci a été développée au début du XXe siècle par Ovide Decroly, pour aider l’apprentissage d'enfants en difficulté qui n’arrivaient pas à lire par les méthodes habituelles. En résumé, la lecture se fait exclusivement par la reconnaissance visuelle d'un mot en entier, puis d'une phrase entière, et non par le code de l'écrit par syllabes. L’apprenti lecteur « photographie » le mot et le mémorise. Elle peut être comparée à l’apprentissage des idéogrammes chinois.

A-t-elle été appliquée dans les classes françaises ?

Non, la méthode globale d’apprentissage de la lecture a été enseignée surtout aux États-Unis et en Belgique. En France, seule, une poignée d’enseignants l’ont mise en place. Elle ne peut donc être la cause des difficultés soulevées par Marion Maréchal-Le Pen.

Quelles sont donc les propositions du Front national sur les méthodes et les contenus à enseigner à l’école primaire ?

Extraits du « Projet du Front national »
- P. 27-28 : « Méthodes d’enseignement : la fin de l’aventure pédagogiste
Fin de l’aventure pédagogiste : la méthode syllabique sera obligatoire en CP.
»

Pour les responsables du Front national, l’apprentissage de la lecture se résume au CP alors que nombre de parents auront pu observer, parfois avec étonnement, qu’il débutait à l’entrée à l’école maternelle, dès la petite section et se poursuit tout au long du cycle 2 pour l’apprentissage du code (sons,syllabes) et même jusqu’au collège pour la compréhension de textes de plus en plus complexes. L’apprentissage précoce de la lecture par reconnaissance de mots courants (prénoms, jours de la semaine, saisons…) a fait ses preuves et permet aux enfants une progressivité pour aborder la lecture.
De plus, la méthode syllabique permet aux enfants de déchiffrer des sons, des mots mais s’il n’y a pas, en parallèle, un questionnement sur le sens, sur la signification des mots, les élèves ne pourront maîtriser la lecture. Car il ne faut pas perdre de vue que la lecture a pour objectif de comprendre un message écrit qu’il soit simple ou complexe. Le FN apporte une réponse simpliste, non fondée et en dehors des réalités.

- Sortons un peu de la lecture, pour prendre connaissance des autres propositions du FN.
« La géographie sera enseignée sur des cartes, et l’apprentissage de la géographie française obligatoire. »

Nous savons que pour comprendre les cartes, il faut étudier les paysages et leurs évolutions (géographie physique) et l’influence des hommes (géographie humaine). Nous pouvons nous demander quel est l’objectif du FN dans cette phrase. Nous ne croyons pas à une méconnaissance si incroyable de la réalité (quoique ?). Son objectif est de faire croire au grand public que la géographie française n’est plus enseignée et qu’elle ne l’est plus sur les cartes afin de vendre son projet ultra-nationaliste et développer le repli sur soi. Or, elle est enseignée dès le CE2 (8 ans) sous ce nom et à partir du CP-CE1 (6-7 ans) sous celui de « Découverte du monde : se repérer dans l’espace ».

L’accent sera mis dès la maternelle, et plus encore, à l’école élémentaire sur l’apprentissage des savoirs fondamentaux : français, calcul. »

Et nous voilà avec l’enseignement des mathématiques de la petite section au CM2 réduit à peau de chagrin. Le FN balaie d’un revers de la main la numération (connaissance de nombres entiers, décimaux, fractions), la géométrie et la représentation dans l’espace, les grandeurs et les mesures (longueur, aire, contenance, volume, masse, angle, durée, vitesse, conversions…) et la résolution de problèmes dans laquelle l’importance de la compréhension écrite est indispensable.

Les membres de la communauté éducative ne s’y tromperont pas. Traiter le sujet de l’école de façon aussi superficielle ne peut être un programme pour la réussite des élèves. Ce projet témoigne de l’ignorance des réalités de l’école aujourd’hui en donnant des recettes d’une autre époque qui laissent à ceux qui les ont subis un arrière-goût, souvent amer.




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