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L’école en tête de gondole ?

Article publié le lundi 12 août 2013
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Êtes-vous entrés récemment dans un supermarché. Vous avez alors certainement été accueillis par l’omniprésence de l’École. D’un côté de l’allée centrale figure en bonne place, sur les rayons d’été, une incroyable collection de cahiers de vacances pour tous niveaux et toutes matières. De l’autre s’étalent sur des dizaines de mètres linéaires les fournitures scolaires les plus variées. Sans parler des assurances qui vous seront proposées en caisse.
Certainement, parce qu’elle n’est justement pas qu’une assurance, mais une mutuelle partenaire de l’École publique, la Maif a conduit en 2010-2011 un intéressant travail avec le sociologue Christian Laval, s’interrogeant sur le fait que « l’École devienne un grand marché ».


Le chercheur analysait que « La marchandisation de l’éducation ne s’arrête pas là. On observe aussi l’essor de véritables industries du soutien scolaire bénéficiant d’importantes aides fiscales, sans parler des stratégies marketing pour pénétrer le milieu scolaire ou les multiples " produits " parascolaires qui inondent le marché. Le marché scolaire, c’est l’exploitation de l’angoisse des familles autour de l’échec et de la réussite scolaire, véritable fait de société.».
Au-delà de ces « produits d’appel », se cache l’idée même d’une « vente d’un service éducatif à des élèves considérés comme des clients » et la « subordination de plus en plus perceptible des systèmes éducatifs au marché du travail ». Cela implique concurrence entre les établissements, choix de son école (de celle de ses enfants), voire de ses contenus d’enseignement (par exemple pour les langues), recours à des officines de soutien scolaire et des cours particuliers…
On peut alors se demander avec le sociologue si « derrière ces évolutions de l’École, […] peut-être que c’est l’homme qui devient de plus en plus une marchandise ». Certes, tout ne se joue pas dans l’achat d’un cahier de devoirs pour les vacances ou un cahier de texte pour la prochaine rentrée. Mais, il n’est pas inutile d’y réfléchir avant de transformer les enfants, les élèves — l’Homme en général — en tête de gondole !

Denis Adam


12 août 2013




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