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Evaluations en éducation : le tour de la question en un rapport parlementaire

Article publié le vendredi 28 septembre 2018
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C’est le CEC (Comité d’Evaluation et de Contrôle des politiques publiques)  qui fait le tour de la question de l’évaluation du système éducatif. On parle ici d’évaluation au sens large, c’est-à-dire à la fois l’évaluation des élèves, des enseignants, des établissements et des programmes pédagogiques. Des constats, des préconisations et plus encore une culture nouvelle à instaurer avec des idées qui bousculent ce système ancestral !
Premier constat : l’évaluation en France est facteur de stress. Son approche en creux pointe toujours ce qui ne va pas, et jamais les réussites. L’Unsa Education partage ce constat, c’est une culture négative instaurée durablement qui fait tout autant trembler les adultes que les enfants et adolescents. Et ce quelle que soit la forme de l’évaluation et le profil de l’évaluateur… du test de CP au formateur Espé qui visite un stagiaire en passant par un rendez-vous de carrière (ex-inspection) mené par un inspecteur 1er ou 2nd degré. L’approche positive de l’évaluation se construit à la maternelle, depuis les programmes 2015, mais elle est loin de se poursuivre sur les autres cycles.
Autre particularité française : pas ou très peu de pratique d’autoévaluation. Les évaluations obéissent à une logique de « tri » des élèves. Elles sont en grande majorité fondées sur la notation chiffrée, elles classent et agissent négativement sur le bien-être. Les évaluations centrées sur les acquis des élèves sont morcelées, en totale incohérence avec les cycles d’apprentissages. La politique  d’évaluations des personnels est inaboutie ? Pour les enseignants, si le récent PPCR a été bien vécu, le dernier rendez-vous marque la fin d’une carrière sans plus rendre compte. C’est l’accompagnement personnalisé, au-delà de 21 ans d’expérience qui va manquer. Pour les personnels de direction, il manque une grille de compétences. Quant à l’évaluation des établissements, elle est aussi quasiment inexistante, c’est encore une particularité française. Les chefs d’établissements rendent compte, souvent, trop souvent dans d’innombrables enquêtes quantitatives. Des chiffres qui sont fort peu utiles au pilotage pédagogique qui viserait à améliorer les pratiques, les projets des équipes au service de la réussite des élèves.
Pour faire entrer chaque acteur du système éducatif dans une dynamique de progrès, c’est bien une grande évolution de la culture de l’évaluation qu’il faut impulser et faire accepter.  Elle passe, selon les rapporteurs du CEC, par une co-construction. « Une évaluation qui n’est pas co-construite n’est pas utilisée par ses protagonistes. » Elle pose aussi la question de la reconnaissance des personnels les plus investis : reconnaissance sur la fiche de paye, mais pas uniquement, aussi une reconnaissance de la valeur professionnelle et des compétences acquises par le partage de celle-ci auprès des pairs, en décharge de service. Enfin, les rapporteurs pointent la nécessaire mise en cohérence et coordination des évaluateurs de l’Administration centrale : Inspection Générale, Cnesco, Depp, Dgesco….
Un travail riche, des idées intéressantes énoncées sans tabous, pour vous faire une opinion par vous-même et engager cette réflexion autour de l ‘évaluation, celle qu’on subit, celle qu’on impose, celle dont on rêve… : La synthèse du rapport  et mieux encore la  Vidéo avec les  rapporteurs qui présentent, explicitent leur méthode de travail et répondent aux questions de leurs collègues députés : videos.assemblee-nationale.fr 




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