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Et si on inversait…

Article publié le mercredi 31 janvier 2018
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Des élèves qui travaillent sur des documents, qui apportent leurs compréhensions et leurs questionnements et une démarche en classe qui part de leurs découvertes pour élaborer les savoirs et les acquisitions nouvelles.

Et voilà la classe inversée… de descendant l’apprentissage devient actif.

Des participants qui réfléchissent sur leurs pratiques, analysent leurs expériences, confrontent leurs vécus professionnels, affichent affirmations et interrogations, matière dont les « spécialistes » repartent non pour dire la bonne parole, mais pour approfondir les pistes ouvertes par les échanges.

Et voici le colloque inversé… de verticale la transmission devient horizontale.

Des habitants qui débattent, qui élaborent des solutions, qui interrogent les faisabilités, qui construisent des possibilités nouvelles avec des élus, non face à eux, mais avec eux, acteurs des mêmes échanges, prenant leur part à ce renouveau de l’élaboration commune.

Et voici la démocratie inversée… de réservée elle devient partagée.

Attention, nulle recette qui marche à tout coup. Nous ne parlons ni de tarte à la mode Tatin, ni de crème dite renversée.

Il ne s’agit pas de tuer ce qui existait hier pour le remplacer aujourd’hui par son contraire. Le but n’est pas de tout renverser (ni la table, ni d’espérer le grand soir révolutionnaire), juste de réfléchir à nos pratiques, d’en percevoir le but et les moyens pour y parvenir. Et -peut-être- de trouver que dans bien des situations, inverser nos démarches est une manière d’agir autrement et plus efficacement.

Combien de fois en lisant un travail, un mémoire, un ouvrage, nous nous sommes dit que tel élément, amené comme un aboutissement, une évidence, une ouverture conclusive, nous apparait comme le véritable sujet, sur lequel il aurait fallu concentrer sa réflexion, sa recherche, son étude…

Développer une pédagogie inversée, n’est pas nier les connaissances de l’enseignant ou du formateur. C’est concevoir que le groupe des apprenants, des stagiaires, des élèves, possède déjà des savoirs. Que leur mise en commun provoque un partage mais aussi un dépassement : l’addition des savoirs est supérieure à la somme des savoirs individuels. Elle crée des espaces de nouvelles réflexions, de nouvelles recherches, de nouvelles trouvailles.

Les savoirs de l’enseignant s’inscrivent dans cette démultiplication. Ils en sont le ferment. Parce qu’il provoque tant par le contenu de ses apports que par le processus proposé et animé, une implication qui facilite les acquisitions.

Que retiendra l’apprenant ? Que saura-t-il retrouver ?

Davantage les savoirs à l’élaboration desquels il aura participé. Ceux pour lesquels il aura mené des enquêtes, fait des recherches, poser des questions. Ceux sur lesquels il aura discuté, partagé, débattu. Ceux peut-être aussi qu’il aura tout d’abord remis en cause, rejetés, niés, mais que le travail de groupe, lui aura finalement apporté la preuve de leur réalité.

Inverser son point de vue.

Tel est aussi l’enjeu.

Car l’Éducation se nourrit de la capacité critique. Et l’esprit critique nécessite de sortir d’un cadre figé, d’accepter de regarder autrement, en décalé, en inversé.

Inutile de dire que cette attitude peut également servir l’ensemble de nos pratiques professionnelles.

Qu’elle doit aussi interroger nos fonctionnements syndicaux. Qu’elle est certainement une alternative positive à l’opposition systématique. Réflexion fort utile quand le baromètre de la confiance du Cevipof, nous alerte sur le peu de confiance qu’ont les Français dans les organisations syndicales.

Alors pédagogues, éducateurs, syndicalistes, si -de temps en temps dans nos pratiques, on inversait ?

 

Denis Adam, le 31 janvier 2018
 




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