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Commémorer, c’est éduquer ?

Article publié le mercredi 8 mai 2019
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8 mai 1945, 26 mai 2019 : deux dates éloignées mais qu’on peut rapprocher dans un sens. Lequel ?

Dès 1946 (loi n° 46-934 du 7 mai 1946), la France décide de commémorer la victoire remportée par les armées françaises et alliées, mettant fin à la Seconde guerre mondiale en Europe, officialisée par la signature de l’acte de capitulation du Troisième Reich, le 8 mai 1945 à Berlin.

Après plusieurs modifications successives de son statut sous la IVème et la Vème République, la date du 8 mai obtient le caractère férié et chômé qu’elle connait actuellement, par la loi n° 81-893 du 2 octobre 1981. Cette journée est l’occasion de rendre hommage à toutes celles et ceux qui ont lutté contre la barbarie du régime hitlérien.

A la fin de la Seconde Guerre Mondiale, qui a fait vivre la violence, les destructions et les massacres de population, s’affirme une prise de conscience l’Europe est un bien commun et un idéal de paix pour les différentes nations qui la composent. Si les premiers actes de création de l’Union Européenne sont d’ordre économique et commercial, il n’en demeure pas moins qu’un idéal de paix a aussi permis son déploiement. La paix a donc bien été un enjeu majeur de la construction européenne, et ce jusqu’à la chute du mur de Berlin.

Mais aujourd’hui, la paix est acquise, ce n’est plus une justification suffisante pour faire et continuer l’Europe. Ce sont d’autres enjeux qui se confrontent à la réalité européenne : le climat, les migrations, la mondialisation économique… et au cœur du projet européen, il y a deux grandes interrogations. Lui veut-on une fonction économique ? ou une fonction politique qui englobera social et culturel ?

26 mai 2019 : élections au Parlement Européen. Les nombreux candidats s’opposent sur leur vision de l’Europe. Une union essentiellement économique ? sociale ? politique ?

Alors oui, commémorer c’est éduquer, si on prend de la hauteur, si on prend le temps de l’analyse, de la mise en perspective du passé vers le présent pour penser l’avenir. Commémorer peut alors être un vecteur de transmission de la mémoire nationale, et plus largement de réflexion sur les enjeux du futur, car se souvenir ne suffit plus à garantir un avenir commun.

« Se fixant de grandes ambitions, l’Europe pourra faire entendre sa voix et défendre des valeurs fortes : la paix, la défense des droits de l’homme, davantage de solidarité entre les riches et les pauvres. L’Europe, c’est le grand dessein du XXIème siècle. »

Simone Veil, première présidente du parlement européen (1979-1982), 1979

 

Ivry, le 8 mai 2019, Béatrice Laurent




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