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70 ans après : Comprendre les mécanismes de la Shoah

Article publié le dimanche 1er février 2015
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70 ans après la libération du camp d'Auschwitz-Birkenau, les témoins et les survivants meurent, la mémoire faiblit. "Il ne faut pas que ce passé soit l'avenir de nos enfants" lance Roman Kent(1) à la tribune.

Cette phrase a largement inspiré la conférence ouverte aux affiliés de l'IE d'autant qu'en Europe, les extrémismes renaissent et nos valeurs palissent aux yeux des jeunes gens que nous avons la charge d'enseigner. Répondre aux questions de la compréhension et de la transmission de cette mémoire de la Shoah dont les traces sont encore présentes, étaient le point d'orgue de la conférence.

Le Professeur Timothy Snyder(2) nous éclaire : le camp d’Auschwitz-Birkenau représente la phase finale de l’Holocauste. L'idée de tuer les juifs en masse vient d’un long processus débuté dans d'autres lieux !

Dès lors qu’un juif découvrait le portail d’Auschwitz c’était la preuve qu’il avait subit toutes les étapes de cette inimaginable chaîne de la mort initiée en Lituanie, en Ukraine, en Biélorussie où 2,5 millions de citoyens juifs ont été assassinés au sein de leurs pays alors qu'ils en étaient citoyens.

Ce processus repose sur 5 étapes indissociables

  1. l’idéologie des nazis,
  2. l’histoire de la construction des camps,
  3. la conquête de la Pologne par l’armée allemande,
  4. l’entrée en scène de l’armée soviétique (pacte germano-soviétique)
  5. la collaboration de la plupart des populations européennes

Le point central de cette machine est la création de zones de non-droit répondant à une idéologie et à une éthique particulière.

Lorsqu’un Etat ne pouvait plus protéger ses citoyens parce qu'il avait perdu sa pleine souveraineté par une dislocation de ses structures étatiques (par choix, ou par intérêt), ceux d’entre eux qui étaient juifs étaient perdus et à la merci des nazis.

La stratégie de conquête nazie visait à élargir cette zone de « non droits » où, en détruisant les institutions des nations, le IIIè Riech pouvait aboutir dans l'expression de son idéologie, une idéologie qui prône qu'un juif n'est pas un citoyen puisqu'il est "le cancer de la société". Une idéologie qui déculpabilise : Tuer un juif n'est pas un crime, c'est un combat contre le mal !

Auschwitz fonctionnait avec peu de personnel mais pas sans "petites mains"

L'allemagne nazie maîtrisait bien la technologie ce qui était confortable pour eux. Mais cette Usine de la Mort n’aurait pas pu fonctionner si des milliers de personnes n'avaient pas prêté leur concours. Toutes ces petites mains sont complices et ont participé aux crimes nazis. Rappelons que les populations européennes, dans l'Europe des années 30, étaient largement antisémites.

À Auschwitz-Birkenau, on a expérimenté ce qu'était la vie sans loi. Où en sommes nous maintenant,dans le monde ?

"L’Europe d'aujourd'hui n'est pas celle des années 20 ou 30, les droits individuels y sont respectés mais tout cela est fragile et peut être détruit".

Pour clore son intervention T.S ajoute « Si dans les décennies à venir l’Europe est détruite, cela sera dangereux pour les minorités qui habitent sur le territoire de l’Union »

Alors, à l'heure où Pediga et leurs frères européens se rallyent à une idéologie nazie, au moment où celle de Daesh est déjà en action en Europe grâce à ses jihadistes, il est plus que jamais temps de transmettre cette compréhension.

Nous ne devrons jamais quitter cette réflexion historique.

Transmettre la mémoire de la Shoah ; s'interroger sur le rôle des syndicats de l'éducation c'est la seconde étape lire ici.

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(1) phrase prononcée par le survivant d'Auschwitz-Birkenau, Roman Kent,

(2) Pr Timothy Snyder (Université de Yale) chercheur en histoire - Auteur des Terres sanglantes (2011)




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